Température—°C◆Qualité de l’air—EAQI◆Vent—km/h◆Mondego—m³/s◆
Histoire · Chapitre IIVIIIe – XIVe s.

Almedina, la ville fortifiée

← Baixa et Mondegol’Alta en plan, avec l’enceinte et ses cinq portesnord ↑

Entre 714 et 1064, Coimbra fut une ville frontière et changea quatre fois de mains. Une muraille la fermait, le long du rebord de la colline, avec cinq portes. Il en reste une porte debout — et le nom de ce qui se trouvait à l’intérieur : Almedina.

Comment lire les cachets
  • Mesurérelevé aujourd’hui par instrument
  • Fouillémis au jour en fouille et publié
  • Documentéécrit dans une source ancienne ou un registre
  • Hypothèseproposé par les chercheurs, à prouver
  • Schémadessin pour expliquer, pas à l’échelle de la découverte
DE MAIN EN MAIN

Une ville sur la frontière

Qui tenait Coimbra, de 714 à 1117. Chaque segment de la frise a la longueur du temps qu’il a duré.

7141878298731064411175
  • domination musulmane
  • domination chrétienne
  1. 1714 ou 715

    Les musulmans entrent

    La ville est prise par les musulmans d’Abd al-Aziz, fils de Musa. Les sources arabes l’appellent Qulumbriya et n’en disent guère plus jusqu’en 878.

    Documenté[1]
  2. 2878

    Le comte Hermenegildo

    Hermenegildo Guterres prend Coimbra sous le règne d’Alphonse III des Asturies. Les documents l’appellent désormais Conimbria ou Colimbria.

    Documenté[1]
  3. 3987

    Almanzor

    L’année précédente, il avait brûlé les faubourgs. En 987, il revient et entre dans la ville au bout d’un siège de deux jours — signe qu’il y avait déjà une muraille.

    Documenté[1]
  4. 41064

    Ferdinand le Grand

    Le roi de León assiège la ville ; le caïd, Rando, passe de nuit du côté chrétien. Coimbra devient la tête d’un comté gouverné par Sesnando, de Lamego jusqu’à la mer.

    Documenté[1]
  5. 51117

    Vingt jours de siège

    Ali ben Yusuf assiège Coimbra pendant vingt jours, avec des assauts quotidiens. La ville ne tombe pas ; dona Teresa est à l’intérieur.

    Documenté[1]
L’ENCEINTE

Une muraille autour du sommet

L’Alta en plan, avec le relief mesuré. L’enceinte, les portes et ce qu’il y avait à l’intérieur, pas à pas — et ce qui est resté debout.

  1. 01

    L’Alta, vue d’en haut

    En montant de la Baixa à l’Alta, on passe sans s’en rendre compte là où se dressait une muraille. Il en reste une porte, quelques tours et de rares pans de pierre, presque tous à l’arrière des maisons.

    Le nom est resté. Almedina vient de l’arabe al-madina, la ville — et à Coimbra, c’était ce qui se trouvait à l’intérieur des murs.

    Mesuré[3]Documenté[1]
  2. 02

    Un sommet cerné de versants

    Sans les bâtiments, il reste la colline, en courbes de niveau tous les cinq mètres. La tache la plus sombre est le versant de plus de 24 degrés : il entoure le sommet presque de tous côtés.

    De l’Arco de Almedina, à 29 mètres, au Largo de D. Dinis, où se dressait le château, on monte de 70 mètres. Le point le plus haut à l’intérieur de l’enceinte est à 109.

    Mesuré[2]
  3. 03

    Une muraille au bord du sommet

    L’enceinte courait au-dessus des versants les plus raides, là où l’attaque était la plus difficile et la défense la plus facile. Elle enfermait plus de vingt hectares.

    On ne sait pas qui l’a élevée. Elle peut être romaine, de la fin du IIIe siècle ou du début du IVe ; certains l’attribuent aux musulmans, ou à Almanzor. Ce qui est sûr, c’est qu’en 987 elle était déjà là.

    Côté est, entre la Couraça dos Apóstolos et la Porta do Sol, le tracé reste à éclaircir. La ligne y est en pointillé.

    Documenté[1]Hypothèse[1]Schéma
  4. 04

    Cinq portes

    Au XIIe siècle, le géographe Idrisi écrit que Coimbra se dresse sur un mont entouré de bonnes murailles, avec trois portes — ce seraient celles du Sol, de Belcouce et d’Almedina.

    Il y en avait une quatrième, celle d’Ibn Bodron, poterne vers le versant du fleuve, accessible seulement à pied ; on l’appela plus tard da Genicoca, puis da Traição. La cinquième, la Porta Nova, fut ouverte par les chanoines de Santa Cruz, avec l’autorisation d’Afonso Henriques.

    Documenté[1]Schéma
  5. 05

    Dedans et hors les murs

    Au sommet, l’alcazaba : un carré d’environ 80 mètres de côté, avec des tours rondes et l’entrée à l’est, là où se trouve aujourd’hui la Porta Férrea. Sesnando en aurait fait sa demeure ; elle devint ensuite palais des rois, et c’est aujourd’hui le Paço das Escolas.

    À l’est, le château, avec le donjon d’Afonso Henriques et la tour de Sancho Ier, de 1198. À mi-pente, la Sé, la cathédrale ; jusqu’à elle montait, depuis la porte d’Almedina, la rua das Tendas, aujourd’hui Quebra-Costas.

    Dehors, la Baixa était le faubourg, qui grandit autour des églises — S. Bartolomeu, S. Tiago, Santa Justa — et, à partir de 1131, du monastère de Santa Cruz. Dans les premières années du royaume, Coimbra en fut la capitale.

    Documenté[1]Schéma
  6. 06

    Le roi Fernando double la défense

    Entre 1373 et 1383, le roi Fernando fait refortifier la ville. Côté Baixa, à l’extérieur de la muraille, court désormais une seconde ligne, plus basse, précédée d’un fossé : la barbacane.

    L’Arco de Almedina par lequel on entre aujourd’hui est la porte de cette barbacane. La porte de la ville proprement dite est la tour, juste au-dessus, elle aussi refaite à cette époque : en 1395, on l’appelait encore la tour neuve.

    Documenté[1]Schéma
  7. 07

    Ce qui est resté debout

    Sans guerre, la muraille ne servit plus à rien. On y adossa des maisons, les tours furent baillées à cens, les collèges de l’Alta abattirent pans et tours — pour les jésuites, l’autorisation vint en 1547.

    Le château fut presque entièrement abattu en 1773, pour un observatoire qui ne vit jamais le jour. L’arc da Estrela tomba en 1778, et sa pierre fut vendue ; celui da Traição, en 1836. Le peu qui restait du château disparut avec les travaux de la Cité universitaire, au XXe siècle.

    En noir, ce qui reste.

    Documenté[1]Mesuré[3]
LA PORTE D’ALMEDINA

Deux portes en une

En venant de la Baixa, on passe d’abord l’arc de la barbacane, puis la tour, qui est la porte de la ville. En plan et en coupe, et les fois où elle a été refaite.

arc de la
barbacane
tourQuebra-Costasporte droite ?Rua Ferreira Borgesbarbacanemuraille
Plan · la porte et les bâtiments actuels le chemin actuel, coudé la porte primitive (hypothèse)Mesuré[3]Hypothèse[1]Schéma
  1. Avant le XIIᵉ s.

    Une porte droite

    La première porte se trouvait peut-être dans l’alignement de Quebra-Costas, qui suit l’axe de la rue principale de la ville romaine. En dessous courait l’égout, que l’on appelait au Moyen Âge la sota.

    Hypothèse[1]
  2. v. 1116 – 1117

    Une entrée coudée

    La porte droite est murée et on en ouvre une autre, de sorte qu’on entre dans la ville en faisant un coude — plus difficile à forcer. C’est le détour que l’on fait encore aujourd’hui en passant la tour.

    Hypothèse[1]
  3. v. 1373

    La barbacane et l’arc

    Le roi Fernando élève la barbacane à l’extérieur de la muraille, précédée d’un fossé. C’est dans celle-ci que s’ouvre l’arc par lequel on entre aujourd’hui, en venant de la Rua Ferreira Borges. L’extrémité du fossé et l’angle d’une tour sont apparus lors de fouilles juste à côté.

    Documenté[1]Fouillé[1]
  4. Avant 1395

    La tour neuve

    La tour est refaite et surélevée : passage haut, sous une voûte brisée, avec des mâchicoulis pour jeter des pierres, de l’eau ou de l’huile bouillante sur qui forcerait la porte. On l’attribuait d’habitude au roi Manuel ; elle est plus probablement du roi Fernando.

    Documenté[1]Hypothèse[1]
  5. 1532

    Conseil et chapelle

    La guerre finie, la tour reçoit le balcon qui la couronne encore. En bas se tiennent les audiences ; en haut siège le conseil municipal, et il y a une chapelle où l’on dit la messe avant que le conseil n’entre.

    Documenté[1]
Rua Ferreira Borgesarc29 mTorre de Almedinaau-dessus de la Rua Ferreira BorgespassagesQuebra-Costas · monte de 29 m sur 135 mSé Velha10 m
Coupe B–B′ · de la Baixa à la Sé, par la porte · hauteurs non exagéréesMesuré[2]Schéma

Le torrent de 1411

À la fin du printemps 1411, le torrent fut tel qu’il arracha les vantaux de la porte d’Almedina, bardés de fer.

Documenté[1]

Les clés dans la main du roi mort

À la mort de Sancho II à Tolède, en 1248, l’alcaide de Coimbra, Martim de Freitas, ne remit pas le château sans s’y rendre : il ouvrit le cercueil, plaça les clés dans la main du roi, les reprit, et seulement alors les donna au nouveau roi. Et il refusa de rester alcaide.

Documenté[1]

Des ordures par-dessus les créneaux

En 1549, les jésuites murèrent les créneaux de la muraille sur la Couraça dos Apóstolos : les voisins jetaient leurs ordures par-dessus, dans l’enclos du collège. Le quartier se retrouva sans endroit où les jeter, le versant passa au collège, et il y eut une émeute.

Documenté[1]

Le libraire qui minait la tour

En 1608, le conseil se plaint que le libraire António Fernandes, qui habitait au pied de la tour, creusait des galeries sous elle pour agrandir sa maison. Il les fit boucher à pierre et à chaux.

Documenté[1]
LE TOUR DE L’ENCEINTE

Ce qu’on voit encore, à pied

De l’Arco de Almedina à l’Arco de Almedina, dans l’ordre du chemin : on monte par la Torre de Anto et la Couraça dos Apóstolos, on redescend par la Couraça de Lisboa.

123456789
Plan · le tour de l’enceinte, dans l’ordre du chemin
  1. 1

    Arco e Torre de Almedina

    La porte principale, et la seule encore debout. Passé l’arc de la barbacane, le passage tourne à droite sous la tour.

    Mesuré[3]
  2. 2

    Paço de Sub-Ripas

    Le palais a englobé une tour de la muraille, celle da Contenda.

    Documenté[1]
  3. 3

    Torre de Anto

    Une autre tour de l’enceinte, celle du Prior do Ameal, à quelque 45 mètres de la précédente. Son nom actuel est celui d’António Nobre, Anto, qui y vécut quand il était étudiant.

    Documenté[1]Documenté[4]
  4. 4

    Rua do Corpo de Deus, 126

    Là où sont apparus les restes de la Porta Nova, celle des chanoines de Santa Cruz.

    Documenté[1]
  5. 5

    Couraça dos Apóstolos

    La rue longe la muraille. Au bout se dressait la tour do Precónio, démolie en 1888 ; parmi ses pierres est apparue une inscription romaine à Constance Chlore.

    Documenté[1]
  6. 6

    Derrière le Laboratório Químico

    Un mur qu’on voit encore ; on ne sait pas s’il s’agit de la muraille ou de la barbacane.

    Hypothèse[1]
  7. 7

    Largo de D. Dinis

    Ici se trouvaient la Porta do Sol et le château, là où sont aujourd’hui la place et le département de mathématiques. Rien n’est resté debout.

    Documenté[1]
  8. 8

    Couraça de Lisboa

    Du côté sud de la rue, la muraille court encore en plusieurs pans, en descendant vers l’Estrela.

    Mesuré[3]
  9. 9

    Estrela

    La tour à cinq faces de Sancho Ier, de 1211, se trouve dans le bâtiment de l’ancien Governo Civil. Tout près se trouvait la Porta de Belcouce. D’ici, on revient à Almedina par la Rua de Fernandes Tomás, dont les maisons du côté ouest reposent sur la muraille.

    Documenté[1]

La Torre de Almedina se visite.À l’intérieur, le Núcleo da Cidade Muralhada, consacré à la ville fortifiée.

Horaires sur le site de la mairie →
Références
  1. J. de Alarcão (2008), Coimbra: a montagem do cenário urbano, Imprensa da Universidade de Coimbra — en particulier « A Almedina » (p. 83–134) et « A(s) muralha(s) e o(s) castelo(s) de Coimbra » (p. 193–267). doi.org/10.14195/978-989-26-0416-9
  2. Direção-Geral do Território, modèles numériques de terrain et de surface LiDAR 2 m (2024). cdd.dgterritorio.gov.pt
  3. Bâtiments, eau et tronçons subsistants de l’enceinte (la relation « Cerca de Coimbra », monument national) : contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL). www.openstreetmap.org/relation/18431640
  4. « Torre onde viveu o poeta António Nobre é agora museu sobre o Fado de Coimbra », RTP Notícias. www.rtp.pt/noticias/cultura/torre-onde-viveu-o-poeta-antonio-nobre-e-agora-museu-sobre-o-fado-de-coimbra_n841757